Aboutissement du projet « riz Bénin »

Colruyt ne vendra désormais plus le riz « Collines » dans ses magasins. Contrairement aux apparences, la nouvelle est excellente. Elle signe l’aboutissement d’un projet démarré au Bénin en 2006 par la Collibri Foundation for education, en collaboration avec Vredeseilanden, Uniriz-C ainsi que les organisations d’agriculteurs locales de Kpataba et de Tchetti.

Booster par l’exportation

Le projet rizicole dans la région des Collines béninoise avait pour objectif de développer l’économie locale. En proposant un débouché pour une partie de la production dans les magasins Colruyt de Belgique, il s’agissait surtout de doper la production et d’accroître la qualité du riz afin qu’il puisse répondre à la demande, y compris sur les marchés national et régional.

Forts de l’expérience de Colruyt Group, les partenaires ont mis en place un système de contrôle interne. Les efforts ont porté sur la qualité du riz, les techniques durables de production et les aspects sociaux et organisationnels, soit autant d’éléments qui conditionnaient l’obtention du label FLO (Fairtrade Labelling Organizations). Une telle certification facilite en effet l’accès aux marchés rémunérateurs.

Production, qualité et revenus à la hausse

Toutes ces initiatives ont eu comme effet une hausse spectaculaire de la production, atteignant presque les 40 000 tonnes contre 6 000 tonnes en 2004. La qualité s’est également considérablement améliorée, notamment grâce à l’introduction d’une nouvelle variété de riz, si bien qu’il rivalise désormais avec les riz importés.

Légitimité sur le marché local

Les exportations pour Colruyt, bien que limitées, ont permis aux producteurs de s’offrir visibilité et légitimité sur le plan national. Le riz a pu être lancé sur le marché béninois sous le nom « Saveur Bénin ». La marque est désormais distribuée partout dans le pays et se pose en challenger face au riz asiatique. En outre, une qualité et une production accrues ont également occasionné une hausse du prix de 60 FCFA par kilo, améliorant par-là la qualité de vie des producteurs.

Le travail des femmes

Le projet a également permis l’émancipation des femmes. Ces dernières se sont en effet particulièrement spécialisées dans l’étuvage du riz. Elles sont aujourd’hui les artisanes d’un riz propre, exempt de petits cailloux, insectes et autres impuretés grâce notamment aux 5 centres d’étuvages modernes construits dans la région.

Former pour pérenniser

Aujourd’hui que le riz béninois a trouvé un débouché sur son propre territoire et que la professionnalisation des producteurs locaux est avérée, la certification FLO n’est plus un must. En effet, les quantités exportées n’étaient pas suffisantes en terme de volume pour supporter le coût qu’engendrait le label. C’est pourquoi Colruyt ne commercialisera plus le riz des Collines. Cependant, Colruyt Group, via son fonds Collibri Foundation for education, poursuit son action dans cette région en investissant dans la formation des jeunes issus des familles des agriculteurs concernés. Le programme comprend 3 cycles de formation à la riziculture organique et intégrale pour quelque 30 jeunes issus des familles de riziculteurs de la coopérative UNIRIZ-C.